Tactique échiquéenne

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Au jeu d'échecs, la tactique est la capacité de mener une attaque ou une défense afin d'obtenir un avantage tangible (matériel ou positionnel). Elle fait appel à la capacité de calcul et repose sur des manœuvres, des sacrifices et des combinaisons. La tactique se distingue de la stratégie, qui porte sur des plans et des avantages positionnels à long terme.

Une des fondations de la tactique est l'attaque double : l'adversaire ne peut contrer les deux attaques simultanément, et perd un avantage au coup suivant. Dans cette catégorie, on peut citer la fourchette, l'enfilade, l'attaque à la découverte, l'attaque rayons X, l'élimination d'un défenseur, la surcharge et l'interférence. Le clouage tombe aussi partiellement dans cette catégorie, bien que le défenseur ne soit pas forcé de répondre à la menace, et le clouage peut persister. Le clouage est donc parfois plus stratégique que tactique.

Différents types de tactiques interviennent souvent dans une combinaison. Comme les tactiques de base évoquées plus haut, la combinaison vise à obtenir un avantage et à restreindre les possibilités de l'adversaire, mais elle est plus complexe et peut s'étendre sur plusieurs coups.

Les ordinateurs d'échecs sont très performants en ce qui concerne la tactique, mais ont peu de notions de stratégie. Le développement de la technologie font que la grande force tactique des ordinateurs ont pris le pas sur les humains au jeu sur l'échiquier, ce qui fait dire que les échecs sont plus un jeu de tactique que de stratégie. Les ordinateurs n'ont pas de notion de fourchette ou d'attaque à la découverte, etc., mais utilisent des processus de sélection de coups simples et évaluent des millions de positions possibles, dont beaucoup sont inutiles.

L'attaque et la défense des pièces

On dit qu'une pièce attaque (ou menace) une pièce adverse si, au coup suivant, elle pourrait capturer cette pièce. Une pièce en défend (ou protège) une autre, si elle peut capturer la pièce adverse qui capturerait cette pièce. L'attaque d'une pièce ne force le défenseur à y répondre que si la pièce attaquée n'est pas défendue, ou si la pièce attaquante est de valeur inférieure à la pièce attaquée.

En cas d'attaque, plusieurs options s'offrent au défenseur :

  • la capture de la pièce attaquante,
  • le déplacement de la pièce attaquée,
  • l'interposition d'une pièce,
  • la défense de la pièce attaquée et l'acceptation de l'échange,
  • le clouage de la pièce attaquée, de sorte que la capture devienne impossible ou désavantageuse,
  • un coup intermédiaire (zwischenzug).

Gain matériel

L'attaque à la découverte

Article détaillé : attaque à la découverte.
L'attaque à la découverte


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
a7 b7 c7 d7 e7 f7 g7 h7
a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
Chess zver 26.png
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Si trait aux blancs :
Les Blancs jouent 1.Fxh7+ Rxh7 2.Dxa2

Si trait aux noirs :

Les noirs jouent 1. ... Fh2+ 2.Rxh2 TxDe2

Une attaque à la découverte est un déplacement de pièce qui permet l'attaque de la part d'une autre pièce. Si l'objet de l'attaque est le roi, on parle d'échec à la découverte. Les attaques à la découverte sont puissantes dans la mesure où la pièce qui se déplace peut aussi porter une attaque.

Un cas particulier en est l'échec double, dans lequel le roi adverse est attaqué à la fois par la pièce qui se déplace et par la pièce découverte. Un échec double impose un coup de roi à l'adversaire, dans la mesure où il n'est pas possible de capturer les deux pièces adverses, ni d'interposer des pièces pour contrer les deux attaques.

La fourchette

Article détaillé : fourchette (échecs).
Garry Kasparov contre le reste du monde, 1999


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
a7 b7 c7 d7 e7 f7 g7 h7
a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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Kasparov vient de jouer 12.Cc7+, ce qui crée une fourchette entre le roi noir et la tour a8.

Une fourchette est un coup qui utilise une pièce pour attaquer au moins deux pièces adverses simultanément, espérant ainsi créer un avantage matériel, dans la mesure où l'adversaire ne peut parer qu'une des deux menaces. Le cavalier est la pièce de prédilection des fourchettes, en raison de son déplacement particulier. Une fourchette courante consiste à placer un cavalier en c7, attaquant le roi noir en e8 et la tour a8. De telles fourchettes avec échec sont particulièrement efficaces, puisque l'adversaire est obligé de contrer l'attaque contre le roi, et ne peut utiliser de coup intermédiaire pour compliquer la situation. Les pions peuvent aussi créer des fourchettes, en avançant et en attaquant deux pièces adverses sur les cases sur la diagonale à gauche et à droite.

La dame est aussi une arme de fourchette redoutable, puisqu'elle peut se déplacer dans toutes les directions, mais elle n'est efficace que contre des pièces non défendues, ou contre le roi adverse, car elle est aussi la pièce de plus grande valeur (roi excepté), il est donc habituellement non rentable de capturer une pièce adverse défendue.

Le clouage et l'enfilade

Articles détaillés : clouage et enfilade (échecs).

Un clouage est un coup qui force l'immobilisation d'une pièce, sous peine d'exposer une autre pièce à une capture. Le clouage est dit absolu quand la pièce ne peut pas se déplacer en vertu des règles du jeu, car elle exposerait le roi à un échec. Seules les pièces à longue portée (dame, tour, fou) peuvent clouer.

Une enfilade est un coup qui attaque deux pièces alignées, de façon semblable à un clouage, sauf que la pièce ennemie de plus grande valeur fait l'objet de l'attaque directe. Après son déplacement, la pièce qui se trouve derrière elle peut être capturée.


Le clouage


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
a7 b7 c7 d7 e7 f7 g7 h7
a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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Dans la partie de l'opéra, après le Modèle:14e de Morphy, le cavalier et la tour d7 sont tous deux cloués.
L'enfilade


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a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
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a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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La dame et la tour noire sont prises en enfilade.

L'élimination d'un défenseur, la déviation, l'attraction et l'étouffement

L'élimination d'un défenseur consiste à supprimer une pièce adverse qui empêche une combinaison par un pseudo-sacrifice.

La déviation consiste à forcer une pièce adverse à quitter son rôle de défenseur d'une autre pièce, permettant la capture de cette dernière.

Similaire au thème précédent, l'attraction consiste à attirer une pièce sur une case inférieure.

Dans l'étouffement, une pièce se sacrifie pour déplacer une pièce adverse où elle privera une autre de ses pièces de mobilité.

Modèle:Diagramme d'échecs petitModèle:Diagramme d'échecs petitModèle:Diagramme d'échecs petit

Modèle:Diagramme d'échecs petit

L'ouverture d'une ligne

L'ouverture d'une ligne


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
a7 b7 c7 d7 e7 f7 g7 h7
a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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Les Blancs jouent 1.f5+! exf5 2.Dxh6+! gxh6 3.Tag8#

L'ouverture d'une ligne consiste à forcer l'ouverture d'une colonne, d'une ligne ou d'une diagonale par un sacrifice, puis d'exploiter la ligne ouverte pour porter une attaque.

L'évacuation

L'évacuation


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
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a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
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Les Blancs jouent 1.b6! axb6 2.Cb5 gagne le fou noir.

L'évacuation consiste à libérer une case occupée par une de ses propres pièces en vue de l'occuper par une autre pièce qui y sera postée favorablement.

L'attaque rayons X

L'attaque rayons X


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a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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Les Blancs jouent 1.Dh6+! Fxh6 2. Fxh6+ Rh7 3. Ff8+ Dh4 4. Txh4#

Dans l'attaque rayons X, l'influence d'une pièce à longue portée sur une pièce amie se fait sentir au travers d'une pièce ennemie.

L'interférence

L'interférence


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a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
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Les Blancs jouent 1.Cd5!

Dans l'interférence, une pièce se sacrifie pour interrompre la ligne de défense d'une pièce adverse qui est attaquée. Le Fou noir en e4 contrôle la case de promotion du pion a7 et la Td2 défend la Td8. Mais par 1.Cd5! les blancs rompent la coordination des pièces noires : 1... T2xd5 permet 2. a8=D et 1... Fxd5 laisse la Td8 sans défense, enfin 1... T8xd5 autorise 2. Th8 mat.

Les pions

Les pions sont très utiles et sont plus puissants qu'il n'y parait. Quand une pièce ne peut être capturée sans qu'une autre pièce ne capture à son tour l'attaquant, les pions suffisent. L'approche d'un simple pion force la retraite d'une pièce adverse comme une tour ou un cavalier. Les pions peuvent aussi intervenir dans une attaque à la découverte, et peuvent constituer une chaîne de pions, dans laquelle les pions sont arrangés en diagonale de sorte que la plupart sont défendus, créant ainsi des murs impénétrables. De plus, un pion qui progresse jusqu'à la dernière rangée se voit promu en n'importe quelle autre pièce (sauf le roi).

Les sacrifices

Article détaillé : Sacrifice (échecs).
Edgar Colle - O'Hanlon 1930


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
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Colle a joué 12.Fxh7+, un exemple de sacrifice de fou en h7, partie complète ici.

Le sacrifice de matériel est parfois nécessaire pour déséquilibrer la position de l'adversaire. Le matériel sacrifié est parfois récupéré avec intérêt quelques coups plus tard, on parle alors de pseudo-sacrifice. Les sacrifices de pions dans l'ouverture sont appelés gambits ; les vrais sacrifices ne visent pas un gain rapide, mais un avantage positionnel.

Les attaques directes contre le roi ennemi commencent souvent par des sacrifices. Un exemple courant consiste à sacrifier un fou en h2 ou h7, mettant le roi en échec et le forçant à la capture du fou ce qui permet une attaque de mat avec une dame et un cavalier.

Le zugzwang

Article détaillé : Zugzwang.

Le zugzwang (de l'allemand, obligation de jouer) se produit quand un joueur est obligé de jouer un coup désavantageux, de sorte qu'il serait plus intéressant de passer son tour si les règles du jeu le permettait. Les situations de zugzwang se produisent habituellement en finale, quand les possibilités de mouvement sont restreintes.

Le zwischenzug

Article détaillé : Zwischenzug.
Miguel Najdorf - Jan Hein Donner, Amsterdam, 1950


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a8 b8 c8 d8 e8 f8 g8 h8
a7 b7 c7 d7 e7 f7 g7 h7
a6 b6 c6 d6 e6 f6 g6 h6
a5 b5 c5 d5 e5 f5 g5 h5
a4 b4 c4 d4 e4 f4 g4 h4
a3 b3 c3 d3 e3 f3 g3 h3
a2 b2 c2 d2 e2 f2 g2 h2
a1 b1 c1 d1 e1 f1 g1 h1
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11. Cd4 (menace de gagner la dame noire par 12. Cxc6)

Le zwischenzug (allemand pour coup intermédiaire) est une manœuvre tactique courante dans laquelle, au lieu de parer immédiatement une menace, on porte une autre menace à son tour qui nécessite une réponse immédiate, de sorte qu'un avantage est obtenu de la position résultante.

Le concept de coup intermédiaire est souvent considéré comme une tactique, mais est plus une contre-tactique en réalité. La possibilité de coups intermédiaires complique les calculs de longues combinaisons.

Le début de partie suivant illustre un mélange de manœuvres tactiques dont un coup intermédiaire subtil qui permit aux Blancs de prendre l'avantage : 1. d4 e6 2. Cf3 Cf6 3. e3 d5 4. Fd3 Cbd7 5. b3 Fb4+ 6. c3 Fd6 7. c4 e5 (prépare une fourchette en e4) 8. c5 Fxc5 9. dxc5 e4 10. c6 bxc6 11. Cd4 (menace de gagner la dame noire par 12. Cxc6) 11...Ce5 12. Fe2 (les Blancs gagnèrent).

Voir aussi

Sources

Modèle:Portail échecs